dimanche 11 octobre 2009

Le voyageur émerveillé


Bernard Plossu est né au Sud-Vietnam en 1945, son existence est rarement sédentaire. Son père qui accompagnait en 1937 Frison-Roche au coeur du Sahara, l'initia à la photographie.

L'Ouest américain de la Beat Génération, la jungle des Chiapas et le Mexique, plusieurs déserts d'Afrique, l'Inde, Paris-Londres-Paris, Bruxelles, l'Andalousie, l'Egypte, la Réserve géologique de Haute-Provence, la Villa Noailles à Hyères, Marseille et les sentiers de Porquerolles sont les sujets de quelques-uns de ses livres.

Bernard Plossu aime raconter que pour devenir un bon photographe, il faut d'abord « être bien chaussé ». Les longues randonnées et les pas de côté relèvent des registres qu'il préfère.

samedi 10 octobre 2009

Se perdre


Se perdre, et non pas s’égarer à la manière d’un quelconque touriste dans un maquis de Libreville, une bière chaude à la main.
Non, se perdre tout simplement dans la confusion des sentiments, sommeil, rêves, illusions, coïncidences, soul food.

mardi 6 octobre 2009

Mardi


Ce matin, mon ami Kaloo est venu m’aider (en fait c’est lui qui a tout fait) à remettre en état la terrasse aux bambous. Il me reste à passer le karsher emprunté à la bignole, et rempoter tout ce petit monde.
Histoire d’avoir une terrasse correcte à présenter à Y.
A part ça rien, David Bowie est mort et il le sait.

lundi 5 octobre 2009

Lundi


C’est cette photographie d’un David Bowie décati qui a tout déclenché. J’avais déjà eu une alerte, montée de tension, au soixantième anniversaire du chanteur, mon héros de jeunesse... Je n’en revenais pas, le choc, Bowie, l’immortel Thin White Duke, avait soixante ans... C’était impossible, il aurait mieux fait de se suicider! Non j’exagère, mais j’entretiens avec mon héros une relation sensitive, et, à travers cette relation, moi non plus, je ne me suis pas vu vieillir. Pourtant, la réalité est bien présente à mon esprit, téléguidée par des signes piqués à droite et à gauche. L’accident vasculaire de Bowie à soixante deux ans en a été un. Le poids de petite maman tordue (45 kgs 700) un autre, et ça va faire six longues années qu’elle se tient assise près de la fenêtre dans sa nouvelle maison, la relation douce-amère avec mon père dont la santé décline peu à peu, encore un autre.
De Gaulle disait: la vieillesse est un désastre. Pourquoi pas, mais moi, je n’ai pas envie de vieillir, je ferai comme Montherlant, une balle dans la cafetière, ni vu ni connu. Pas d’embrouille, just a bullet in my brain.
And it makes all the papers, ajoutait un certain David B. dans les années quatre vingts.

samedi 3 octobre 2009

Cathy


Cathy M. est infirmière, passionnée d’Afrique. Elle se rend au Sénégal tous les ans à la saison des pluies, une toubab sous l’averse, les bougainvilliers ruisselants d’eau tiède. Elle adore ça, marcher sous la pluie.
Sauf que Cathy n’est pas une toubab, c’est une africaine à la peau blanche, et qui, à chacun de ses voyages, emmène une tonne de médicaments pour l’hopital de Ziguinchor et les dispensaires de Casamance.
Je n’ai plus de nouvelles de Cathy depuis deux ans, mais je garde l’image d’une femme sportive et décidée que rien ne semble pouvoir arrêter.
Que Jesus la protège!

Samedi


Réveillé à 4 heures 50, je ne m’attarde pas au lit. Pamplemousse pressé. Il fait nuit. France Inter ronronne dans un coin de la cuisine - j’adore la voix de Laurence Garcia. Je vais jetter un coup d’œil aux emails, espérant en trouver un de Y. Mais non. Elle s’est un peu éloignée ces jours derniers. Je suis si heureux de l’avoir retrouvée. Merci FaceBook. Je me prépare un thé.
Plus tard dans la matinée, je descends chez Françoise, je bois une noisette puis je vais au marché avec Adeline (qui vit avec 500 euros par mois, parfois la misère se cache au bas de la rue - Adeline n’a plus de dents du haut, et pas les moyens pour un dentier. C’est une brave femme, affligeante de naïveté, elle me rend triste et jure comme un charretier!).
Retour au bistrot 79. J’ai acheté des olives pour l’apéro. Je viens prendre des nouvelles de Didier, qui est alcoolique (deux bouteilles de rosé par jour), et que je veux aider à s’en sortir. Je lui ai donné le numero de telephone de l’Hopital Pompidou pour qu’il fasse une cure. Mais il n’a pas appellé, et cela ne me plait pas. Je le lui dit. Lundi, répond-il. Ouais. A lundi donc, demain je vais voir mes parents à Brunoy, ma petite maman tordue dans sa belle maison de retraite. Je lui glisserai un “je t’aime” dans l’oreille, comme je le fais à chaque fois. On ne dit pas assez “je t’aime” de nos jours.

vendredi 2 octobre 2009

Toscane (Part II)


Mon ami est enfin arrivé dans sa petite Fiat rouge. Nous ne nous étions pas vus depuis deux ans, et nous nous sommes retrouvés comme quitté la veille. J’ai noté qu’il avait toujours ses grosses mains de paysan, une incongruité pour un galeriste, mais cela plait aux femmes m’avoua-t-il un jour.
Nous quittions Arrezo pour nous rendre à sa magnifique maison Toscane, achetée avec un Man Ray!, lorsque je remarquais qu’aux alentours de la ville, nul panneau publicitaire ni centres commerciaux ne venaient ternir le magnifique paysage, contrairement à la France. Il était midi et nous roulions en riant comme des gamins, tout simplement heureux d’être en Italie!
Luigi est mon meilleur ami - enfin, était, car pour d’obscures raisons qui m’échappent encore, nous nous sommes perdus de vue. Son vrai prénom est Loïc, et nous nous connaissons depuis le lycée. C’est un être délicat, immensément intelligent, collectionneur d’œuvres d’art et de femmes, bien que sa plus grande passion soit warholienne: l’argent. Make money is art. Sur ce point nous divergeons, et c’est peut-être qu’à force de fréquenter Bernard Tapie, qu’il admire, je me suis mis à prendre mes distances. Ceci ajouté au nombre de fois où il m’a ramassé dans tous les caniveaux de Paris, ivre et en pleurs, implorant Jésus (Luigi me rétorquant: Oh non pas lui!), qu’il en a eu marre de moi. Cette période, éloignée de mon périple toscan, n’est pas digne de figurer dans les souvenirs de notre amitié qui, à l’époque était très solide. Et nos connivences comme des ivresses de fous-rires.
J’aimais l’art contemporain à l’époque, je ne connaissais que ça, et je travaillais comme chef monteur des videos de Marie-jo Lafontaine. Et en ce jour ensoleillé et odorant, grâce à mon ami, j’allais découvrir la Rennaissance, et sa magnificense.